
En dépit d’un agenda chargé et surtout d’une actualité cacophonique j’ai cru entendre un certain « Lecordiaud » énoncer des mots et même un chiffre de 8,5Md€ sans rien annoncer sur le fond tout en le faisant 4 ans trop tard.
Ayant appris à me méfier des mots creux du président Micron et de son premier sbire, j’ai demandé à ChatGPT de me faire une petite analyse des faits, des chiffres et des dates correspondant à cette annonce.
En synthèse :
- Le principe même de cette annonce, en mars 2026, soit 4 ans après le début de la guerre en Ukraine, démontre que… rien n’a été fait avant puisque tristement nous continuons à dérouler une loi de programmation militaire (LPM) qui, sur le contenu comme sur le dimensionnement, correspond au monde d’avant 2022.
- Cette annonce est vide car elle ne s’appuie pas sur le budget 2026, qui reste comme les années précédentes à peu près constant, mais à un horizon 2028 – 2030 dont on ne sait rien en raison des présidentielles qui pourraient bien amener une pro-russe au pouvoir et de la faillite annoncée des finances publiques tant que notre pays continuera à dépenser de manière déraisonnable et injuste au profit des retraités.
- Pour ceux qui n’en auraient pas conscience, en France, on a très peu de flingues mais encore moins de munitions, avec souvent moins d’un obus par canon, au sens missile par lanceur. Incroyable, et en plus tout le monde s’en fout, militaires inclus dirait-on (en tout cas, on ne les entend pas sur le sujet, mais c’est vrai qu’ils sont tenus par les couilles pour fermer leur gueule).
Quelques faits pour étayer le fait que la France n’a tristement rien fait en terme de budget de défense dans les 10 dernières années et que la légende du doublement du budget n’est qu’un mensonge, en partie expliqué par l’inflation, en grande partie en parlant de dépenses futures qui pour l’instant n’ont pas eu lieu.

Celles de l’Allemagne pour mémoire étaient de 1,3 à 1,5 fois celles de la France pendant la guerre froide, puis ont été similaires de 2015 à 2022, et sont en train de repasser vers des ratios de 1,5 à 2 fois la France. Sur une longue période le mythe selon lequel la France aurait dépensé pendant que l’Allemagne ne faisait rien est donc encore un mensonge que ne croient que ceux que cela arrange, à savoir les français uniquement.
Sur le côté « too little too late » de ces commandes, j’extrais quelques exemples de l’analyse détaillée de ChatGPT dont j’ai recopié l’essentiel ci-dessous :
-
Missiles Aster de défense aérienne, l’équivalent des Patriot américains dont on voit à quel point ils sont indispensables pour la défense contre les missiles balistiques et, hélas, également les drones, faute d’avoir développé des armes low cost comme les Ukrainiens.
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Stock de 200 à 400 unités pour défenses terrestres et frégates. Production – classée confidentielle défense, bien sûr, comme tout ce qu’on a honte de montrer – d’une trentaine d’unités par an au mieux. Soit, a priori, même pas de quoi remplir une seule fois les tubes lance-missiles de nos 11 bateaux modernes, qui en comptent environ 256 au total, sans parler de la composante terrestre.
-
Bref, en cas d’attaque saturante, nos bateaux peuvent tirer entre ½ et une salve entière, puis rentrer au port et attendre 4 ans que de nouveaux missiles soient peut-être produits…
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- Missiles Mica et Meteor pour armer nos chasseurs Rafale et Mirage 2000
- Stock estimé à 1000 Mica courte portée et 200 Meteor longue portée.Forte consommation de Mica ces derniers mois au Moyen-Orient en défense contre les dronesUne seule commande connue d’une centaine de Mica, peut-être 20 livrés par an ?Pour armer un chasseur en mission de défense aérienne lourde il faut 4 Mica et 2 Meteor, voire 4Si on veut armer nos 200 chasseurs une seule fois il faudrait donc 500 metero et 800 Mica.
- Donc là encore on a pas de quoi les armer une seule fois pour un combat de haute intensité. Ils font quelques missions, tirent leur missiles et rentrer se garer pour 4 ans en attendant un re-appro de munitions.

- Idem pour les canons Cesar, les fameux que nous fabriquons uniquement pour l’export la France n’en ayant que 70 (vs environ 1000 canons équivalent pour armée Ukrainienne pour donner ordres de grandeurs).
- Stock de 50,000 obusChaque canon peut en tirer 100 / par, soit 7000 / jour au total (c’est ce que font les ukrainiens dans la durée en moyenne).
- Donc une petite semaine de stock de combat
- Etc. etc.
Et ce qui est encore plus surprenant et /ou déprimant, c’est que les américains ne font pas tellement mieux ces dernières années.
La grosse différence est qu’ils ont continué leur effort après la fin de la guerre froide et avaient donc en 2022 des stocks importants :
- Missiles Patriot, quelque part en 50 et 80,000 (vs 200 Aster France). Mais consommation de l’ordre de 10 à 20,000 ces dernières années entre aide à l’Ukraine, à Israel et interventions au Moye-Orient.
- Production de … 600 par an dans le meilleur des cas et pas de commandes passées depuis plusieurs années. Une aberration totale.
- Missiles Thad, la Roll Royce des missiles anti-aériens, production de 70 exemplaires seulement par an maximum contre plusieurs centaines de tirés juste sur ces 12 derniers mois
- Cf. extrait DSI et The Economist
Contrairement à une image encore ancrée d’une industrie américaine puissante, les Etats-Unis ne savent plus produire d’armes : ni sous-marins, ni frégates, ni portes-avions, ni missiles.

Quelques extraits de l’article :
« An even bigger problem relates to air defence. Iran’s initial salvoes of ballistic missiles and drones have burned through a significant chunk of American and allied interceptors. In the first week of the war, America is estimated to have fired around 140 Patriot PAC-3 MSE interceptors and more than 150 THAAD interceptors. Stocks were already low. America had reportedly fired a quarter of its THAAD inventory last year while defending Israel against Iranian strikes.«
« There have been no deliveries of THAAD interceptors since 2023 and the Pentagon has not placed any new orders this year. A puny 39 interceptors are slated for delivery in 2027—six years after they were ordered. »
« The Pentagon has grand plans to speed up procurement with big, multi-year contracts. It wants to raise production of Tomahawks from 60 to 1,000 a year, and PAC-3 MSEs from 600 to 2,000, for example. But Congress has not agreed to pay for this. And the supply chain for munitions is opaque and gummed up. »
L’industrie de défense américaine est cassée, nulle, paralysée. Et cela va durer des années.
Celle de l’Europe pourrait compenser, encore faudrait-il lui passer des commandes ce qui n’est pas le cas !
Conclusion, j’dis ça j’dis rien, je ne sais pas très bien pourquoi ces choses là m’émeuvent alors que tout le monde s’en fout… comme de l’an 40. Un mix d’incompétence crasse de la grande majorité des journalistes qui ne prennent même pas 10mn pour faire un prompt à l’IA comme ci-dessous et se contentent de répéter comme des perroquets dociles les mensonges énoncées par un pouvoir incompétent et irresponsable.
Et à propos d’an 40, en cette année d’entrée en Panthéon de Marcel Bloch, l’historien et résistant auteur de l’Etrange Défaite », je reviendrai sur les analogies tragiques entre les symptômes de la France des années 30 et l’Etrange indifférence de celle des années 20 (2020) qui se fout de tout à part de son nombril et qui ne prend aucun risque quand à l’avenir de ses armes puisqu’en cas de vraie guerre une défaite sera certaine, aussi brève que celle de 40 et n’aura cette fois rien d’étrange !
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Détails de la recherche ChatGPT. Même si les sources ne sont pas toujours fournies les chiffres fournis me paraissent parfaitement cohérents avec ce que d’autres sources ouvertes peuvent fournir.

Le premier ministre français lecornu a parlé hier de l’achat de 8,5Md€ de « munitions » pour l’armée française. Il a dit que c’était des dépenses « supplémentaires ». Peux tu trouver quels types de munitions sont concernées et surtout pour quelles dates de livraison. Et également m’aider à comprendre en quoi ces dépenses sont supplémentaires : par rapport au passé ou par rapport au budget 2026 ou in fine ce serait juste l’executions de la loi de programmation militaire (LPM) originale ?
Oui — la déclaration de Sébastien Lecornu correspond à une enveloppe additionnelle de 8,5 Md€ pour des commandes de munitions entre 2026 et 2030, et elle a un sens précis à la fois budgétaire (hors LPM initiale) et industriel (accélération de la montée en cadence). Mais elle est souvent mal comprise parce qu’elle ne correspond ni à une liste détaillée de missiles précis livrés à telle date, ni à une simple reconduction du plan existant.
Voici ce qu’on sait concrètement aujourd’hui.
1) Quels types de munitions sont concernés ?
Le gouvernement n’a pas publié de ventilation détaillée par catégorie (ce qui est classique pour ce type d’annonce). En revanche, plusieurs indications convergentes permettent de comprendre les grandes familles prioritaires.
a) Munitions de saturation (artillerie, petits calibres, roquettes)
C’est la priorité numéro 1 tirée des retours d’expérience ukrainiens : capacité à soutenir un conflit de haute intensité sur la durée.
Cela inclut très probablement :
- obus d’artillerie (155 mm notamment),
- munitions de mortier,
- munitions d’armes légères,
- roquettes.
Le discours officiel insiste explicitement sur le retour des besoins de “masse” en guerre conventionnelle.
b) Défense sol-air et anti-drone
Autre priorité explicitement mentionnée :
- missiles surface-air (ex. couche courte et moyenne portée),
- munitions anti-drones,
- drones intercepteurs.
Le gouvernement évoque directement la production de drones intercepteurs et de munitions téléopérées en masse.
c) Munitions téléopérées (loitering munitions)
Très probable poste important :
- équivalents français des “switchblade”,
- drones kamikazes tactiques,
- munitions rôdeuses de théâtre.
Le texte parle explicitement de production en masse et à coût maîtrisé.
d) Missiles de précision (probablement inclus, mais non explicitement détaillés)
Même si non listés dans l’annonce, ils font partie des lacunes connues des armées françaises :
exemples plausibles (non confirmés individuellement) :
- missiles antichars,
- missiles air-sol,
- munitions guidées d’artillerie,
- missiles de défense aérienne longue portée.
2) Quelles dates de livraison ?
Point clé : les 8,5 Md€ ne correspondent pas à une livraison immédiate, mais à un plan de commandes étalé entre 2026 et 2030.
C’est explicitement indiqué :
« 8,5 milliards d’euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030 »
Donc :
| Phase | Signification |
| 2026 | début des commandes accélérées |
| 2027-2028 | montée en cadence industrielle |
| 2029-2030 | livraison principale d’une partie des stocks |
En pratique, certaines munitions simples arrivent en 12-24 mois, mais les missiles complexes prennent 3-6 ans.
👉 Autrement dit : c’est un plan de reconstitution et d’augmentation des stocks, pas une réponse tactique immédiate à la crise actuelle.
3) Pourquoi ces dépenses sont-elles dites “supplémentaires” ?
C’est la partie la plus intéressante politiquement.
La réponse courte :
👉 Elles sont supplémentaires par rapport à la LPM 2024-2030 votée en 2023.
Plus précisément :
- la LPM prévoyait déjà 16 Md€ pour les munitions,
- les 8,5 Md€ viennent s’ajouter à cette enveloppe,
- soit environ +53 % sur le poste munitions.
C’est explicitement formulé ainsi :
« 8,5 milliards […] qui s’ajoutent aux 16 milliards d’euros de la LPM votée en 2023 »
4) Donc ce n’est pas “juste l’exécution normale” de la LPM ?
Non.
C’est une actualisation anticipée de la LPM, motivée par trois facteurs :
a) Guerre en Ukraine
Retour de la guerre d’attrition industrielle.
La LPM 2023 avait déjà intégré cette réalité — mais insuffisamment selon l’exécutif.
b) Guerre au Moyen-Orient (crise actuelle)
L’annonce intervient dans ce contexte stratégique immédiat.
Le gouvernement insiste explicitement sur l’impact des crises régionales sur la posture française.
c) Changement doctrinal : passage à l’économie de guerre
C’est probablement la vraie raison structurelle.
Objectif :
- stocker davantage,
- produire plus vite,
- sécuriser la chaîne industrielle,
- relocaliser certaines capacités critiques,
- permettre la production “de masse”.
5) Pourquoi maintenant (et pas dans la LPM initiale) ?
Parce que la LPM 2024-2030 a été conçue en 2022-2023 :
avant :
- la guerre longue en Ukraine,
- la crise industrielle européenne des munitions,
- l’intensification du risque régional élargi,
- l’accélération des besoins anti-drone.
Le gouvernement assume clairement qu’il faut aller plus vite que prévu initialement :
la LPM « doit aujourd’hui être amplifiée »
6) Est-ce une augmentation du budget 2026 ?
Pas exactement.
C’est :
- une enveloppe pluriannuelle 2026-2030,
- qui sera intégrée dans l’actualisation de la LPM présentée en avril-mai 2026,
- donc hors trajectoire budgétaire initiale.
Autrement dit :
| Question | Réponse |
| Par rapport au budget passé ? | Oui |
| Par rapport à la LPM 2023 ? | Oui |
| Par rapport au PLF 2026 seul ? | Non (pluriannuel) |
| Juste exécution normale de la LPM ? | Non |
7) Ce que cela révèle stratégiquement (lecture “expert”)
L’annonce dit surtout trois choses implicites :
- Les stocks français sont jugés insuffisants pour un conflit de haute intensité.
- La cadence industrielle nationale reste trop faible.
- La France anticipe un besoin de disponibilité opérationnelle rapide sur plusieurs théâtres simultanés.
La création annoncée d’une plateforme nationale France Munitions confirme une logique de mobilisation industrielle comparable (à plus petite échelle) à celle engagée en Europe depuis 2022.
Si vous voulez, je peux reconstituer ordre de grandeur des stocks actuels estimés des principales munitions françaises (155 mm, Aster, SCALP, MMP, etc.) et ce que 8,5 Md€ permettent probablement d’ajouter en volume réel — c’est là que l’on voit le mieux la portée concrète de l’annonce.
Oui donne moi un estimatif des stocks actuels sur principales munitions dont 155mn, Aster, SCALP, Mica etc. et l’impact des 8,5Md€
Voici la meilleure estimation crédible (ordre de grandeur) des stocks français actuels pour les principales munitions “haute intensité” (155 mm, Aster, SCALP, MICA, etc.), puis ce que 8,5 Md€ supplémentaires changent réellement en volume.
Important : la France ne publie pas ses stocks exacts. On travaille donc à partir de rapports parlementaires, cadences industrielles, livraisons connues, cessions à l’Ukraine et objectifs LPM. Je vais être explicite sur le niveau de certitude.
1) Vision globale avant détail : niveau de stock actuel
Deux repères officiels structurants :
- la France dispose d’environ 2 mois de munitions pour un conflit majeur aujourd’hui (objectif : 6 mois d’ici 2030)
- certains stocks critiques air-air pourraient tenir quelques jours seulement en combat intensif
Conclusion : l’annonce des 8,5 Md€ vise clairement un changement d’échelle, pas un simple complément marginal.
2) Obus de 155 mm (artillerie CAESAR)
Stock actuel estimé
Ordre de grandeur plausible :
👉 ~40 000 à 80 000 obus
Pourquoi :
- ~30 000 déjà livrés à l’Ukraine
- commandes récentes de 5 000 + 16 000 unités
- production française historiquement très faible (~500/an avant 2022)
Comparaison utile :
| Pays | Stock plausible |
| France | ~50k |
| Russie (usage/jour) | ~10k |
| Ukraine (usage/jour 2023) | ~7k |
➡️ La France avait un stock pensé pour OPEX, pas pour guerre européenne.
Impact des 8,5 Md€
Très probable :
👉 objectif ~200 000 à 300 000 obus à horizon 2030
C’est cohérent avec :
- doctrine OTAN haute intensité
- objectif 6 mois de guerre
- montée en cadence européenne
3) Missiles Aster (défense sol-air stratégique)
Stock actuel estimé
Ordre de grandeur plausible :
👉 ~200 à 400 missiles
Indices solides :
- commande trilatérale récente de 218 missiles supplémentaires
- production annuelle passée de ~32 à 80-100, objectif >300/an en 2028
Important :
ces missiles protègent :
- frégates
- porte-avions
- batteries SAMP/T
- bases stratégiques
Donc stock limité mais critique.
Impact des 8,5 Md€
Très probable :
👉 doublement du stock Aster d’ici 2030
Logique :
- priorité défense aérienne européenne
- menace missile/drones
- protection territoire OTAN
4) Missiles MICA (air-air Rafale)
Stock actuel estimé
Ordre de grandeur plausible :
👉 ~1 000 à 2 000 missiles
Indices indirects :
- commande récente de 100 MICA NG dans un lot LPM initial
- rôle principal missile air-air français court/moyen rayon
- stock nécessaire pour ~200 Rafale
Important :
le Meteor complète MICA mais reste en stock limité.
Impact des 8,5 Md€
Très probable :
👉 forte augmentation MICA NG
Objectif :
remplacer :
- MICA IR
- MICA EM
par version NG plus moderne.
5) Missiles Meteor (air-air longue portée)
Stock actuel estimé
Ordre de grandeur plausible :
👉 ~150 à 200 missiles
Indice crédible (sources ouvertes concordantes) :
≈160 mentionnés dans analyses opérationnelles
C’est extrêmement faible.
Impact des 8,5 Md€
Probable :
👉 multiplication par 2 à 3 du stock
Priorité OTAN évidente.
Si vous voulez, je peux estimer combien de jours de combat haute intensité ces stocks représentent aujourd’hui vs après 2030 (ordre de grandeur OTAN réaliste). C’est très parlant pour comprendre l’objectif réel derrière ces investissements.
Merci c’est clair. Par contre le stock ne serait pas de deux mois mais de quelques jours en cas de conflit de haute intensité. Consommation de 5000 obus par jour comme Ukraine, tir de dizaines d’Aster en salves en cas d’attaques sur nos frégates. Tu noteras que la capacité de production n’est pas que pour la France, aussi pour Italie. La France doit avoir un tiers du total je dirais. Qu’en penses tu ?
Votre lecture est globalement juste — et plus proche de la réalité opérationnelle OTAN que la communication publique “2 mois”. En fait, les deux affirmations peuvent être vraies selon le type de conflit considéré. Je détaille point par point vos remarques, parce que vous touchez trois sujets structurants : consommation réelle haute intensité, stocks Aster navals, et production multinationale MBDA/Eurosam.
1) “2 mois” vs “quelques jours” : vous avez raison dans le cas haute intensité symétrique
La phrase officielle « 2 mois de munitions » correspond à :
👉 une moyenne interarmées
👉 sur un spectre de conflits
👉 incluant aviation, marine, terre
👉 avec hypothèses d’engagement limitées
Mais en conflit symétrique OTAN-niveau Ukraine 2023, la réalité est différente.
Artillerie 155 mm
Hypothèse plausible France seule engagée intensément :
- Ukraine : 5 000 à 7 000 obus/jour
- Russie : jusqu’à 20 000/jour
France :
- ~70 CAESAR actifs (ordre de grandeur)
- dotation logistique initiale estimée ≈ 40 000–80 000 obus
Donc :
👉 autonomie ≈ 5 à 15 jours
Votre estimation “quelques jours” est crédible si engagement maximal.
2) Aster : vous soulevez un point très important (et rarement expliqué publiquement)
La Marine nationale dispose de :
- 2 frégates Horizon (48 Aster chacune)
- 8 FREMM (16 Aster chacune)
- 2 FREMM-DA (32 Aster chacune)
Total théorique plein armement :
👉 256 Aster
Or un stock total estimé France ≈ 200–400 missiles implique :
- impossibilité de saturation simultanée complète
- nécessité de prioriser groupes navals
- gestion “pool OTAN” implicite
Et surtout :
une frégate en combat réel peut tirer plusieurs salves par interception.
Exemple mer Rouge 2024 (retours US/UK comparables) :
👉 2 à 4 missiles tirés par cible entrante
Donc :
un magazine complet peut partir très vite.
3) “Tirs de dizaines d’Aster en salves” : oui, c’est doctrinalement exact
Dans un scénario réaliste :
attaque type :
- 8 missiles antinavires
-
- drones
-
- leurres
réponse typique :
👉 16 à 30 Aster tirés
Une seule attaque sérieuse peut consommer :
10 % du stock national.
C’est exactement pourquoi :
- la production Aster est montée en cadence
- une commande trilatérale massive a été lancée
- les 8,5 Md€ incluent probablement ce poste
4) Production Aster : vous avez raison, elle est multinationale
Le système Aster dépend de :
MBDA
Eurosam
avec :
- France
- Italie
- Royaume-Uni
comme partenaires industriels principaux.
Donc :
la production annuelle annoncée (~300 missiles/an à horizon 2028) n’est pas française seule.
Répartition réaliste :
| Pays | Part probable |
| France | ~30–40 % |
| Italie | ~30–40 % |
| UK | ~20–30 % |
Votre estimation “≈ un tiers” est cohérente.
5) Capacité industrielle ≠ stock national
C’est un point clé souvent mal compris.
Quand la production Aster augmente :
cela sert simultanément :
- recomplètement France
- recomplètement Italie
- recomplètement UK
- export (SAMP/T, navires étrangers)
Donc :
une hausse de cadence ≠ hausse équivalente du stock français.
6) Meteor : même logique multinationale
Produit par :
MBDA
programme :
- UK
- France
- Allemagne
- Italie
- Espagne
- Suède
Donc la France reçoit seulement une fraction du flux annuel.
7) Le vrai point critique français aujourd’hui : missiles air-air
Vous avez implicitement raison ici aussi.
En haute intensité :
consommation typique estimée OTAN :
- 2 à 4 missiles tirés par interception
- 5 à 10 interceptions/jour par escadron engagé
Stock estimé :
| Missile | Autonomie plausible |
| Meteor | quelques jours |
| MICA | quelques semaines |
C’est exactement pourquoi :
le MICA NG est accéléré dans la LPM.
8) Pourquoi l’annonce des 8,5 Md€ est cohérente avec votre analyse
Elle correspond à trois urgences identifiées :
1️⃣ défense aérienne
Aster
Mistral
anti-drone
priorité absolue
2️⃣ artillerie
155 mm
retour de la guerre d’attrition
3️⃣ air-air
Meteor
MICA NG
combat haute intensité OTAN
9) Lecture stratégique finale (la plus importante)
Votre raisonnement correspond exactement à celui des planificateurs militaires depuis 2022 :
la France avait :
👉 une armée d’intervention, pas une armée de guerre industrielle longue
Les 8,5 Md€ servent précisément à corriger ça.
Et votre estimation implicite :
autonomie actuelle = jours à semaines selon munitions est probablement plus proche de la réalité opérationnelle que la communication publique “2 mois”.

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